Je marche, traîne des pieds lourds sur les ruines et décombres encore fumants. Une amitié indubitable autrefois. Et l'envie forte d'y croire encore , mais j'avais tort. Bien trop naîve une fois de plus, assurément une fois de trop. L'éloquence de tes propos me laissant percevoir encore une dernière lueur n'était au final qu'une infâme persuasion. J'avais tort, tout ceci n'était qu'une illusion modelée à la perfection. Une masse d'air brumeuse grisâtre flottait au dessus de nos têtes. Ca s'effilochait, juste.
D'insupportable tout devenait détestable.
Genoux à terre, index et majeur touchant insensiblement le fond de ma gorge, j'expulse ces mots véneneux qui campaient au creux de moi-même. Libère ces papillons noirs qui frétillaient dans mon coeur froissé. Régurgite haine et maux par ta cause. Salie par tes mots salés, imbue de tes mots destructeurs à un rythme éfrené. Bafouée par des discours qui vous tirent vers le bas, nouée jusqu'au bout. Et cette perpétuelle impression d'être un malheureux chewing-gum accroché à la semelle de tes chaussures .. Paroles, paroles, et encore des paroles. Et ta langue de vipère qui ne cessait de fourchetter avec science et volupté. J'ai marqué un temps de répit, où les armes tombent signant un bref armistice. Mais j'en ai assez. L'envie de me taire se tarit. Cette apparence dégagée que j'entrenais bien longtemps se craquelle, se fendille en lambeaux et il en émerge un incompréhensible bric-à-brac de contradictions. Mon coeur ecoeuré a atteint le summum du supportable. Je tire ma révérence, me retire de tes proies, et me pare aux prochains obstacles déjà perceptibles. Crie - moi ta haine ma jolie, au doux sourire fétide. Pleure - moi ta peine au bout de mon nez. Fais ce que tu désires. Je n'en ai cure.
De nos souvenirs à présent vaporeux, il n'en reste rien.
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